REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE LA SANTE, DE LA POPULATION ET DE LA REFORME HOSPITALIERE
DIRECTION DES ACTIONS SANITAIRES SPECIFIQUES
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS DES
ASSISES NATIONALES DE LA SANTE SCOLAIRE
ZERALDA (ALGER) - 9 et 10 JUILLET 2002-
Les 9 et 10 Juillet 2002 se sont déroulées au Safir hôtel Mazafran de Zéralda, les Assises Nationales de Santé Scolaire.Cette rencontre s’est caractérisée par une participation multidisciplinaire et multisectorielle. Elle a regroupé 150 personnes représentant les secteurs de la Santé, de l’Education Nationale, des Collectivités Locales ainsi que les représentants des Ministères du Travail et de la Sécurité Sociale, de la Jeunesse et des Sports, de la Communication et de la Culture, de l’Emploi et de la Solidarité Nationale, de la Caisse Nationale des Assurances Sociales , et de l’Office National d’Appareillage et d’Accessoires pour personnes handicapées.
La Fédération Nationale des Associations des Parents d’Elèves était également représentée par son président et plusieurs présidents de fédération de wilaya.
Lors de la cérémonie officielle d’inauguration présidée par Monsieur le Professeur Abdelhamid ABERKANE, Ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, des allocutions ont été prononcées par :
- Le Directeur des Actions Sanitaires Spécifiques, Ministère de la Santé, de la Population et de la Reforme Hospitalière,
L’ouverture officielle par Monsieur le Ministre, dont le discours inaugural a permis d’orienter les travaux a été suivie par la présentation en plénière de :
La suite des travaux s’est déroulé en commissions ( 4 ) dont les rapports ont été présentés en plénière puis suivis et enrichis par des débats.
L’analyse de la situation sanitaire en milieu scolaire et l’évaluation des actions entreprises, de la coordination et de la prise en charge des maladies non transmissibles prévalentes ont fait ressortir les acquis suivants :
Néanmoins des insuffisances ont été signalées. Il s’agit de :
1 - la disparité entre les régions en matière d’U.D.S
2 - le manque de moyens humains et matériels
3 - la prise en charge spécialisée qui reste insuffisante en raison :
- du manque de spécialistes dans certaines régions
- de l’absence de rétro-information souvent
4 - l’insuffisance de qualification et de formation des personnels pour la prise en charge des maladies non transmissibles prévalentes
5 - l’absence de consensus relatif à la prise en charge des maladies non transmissibles prévalentes.
6 - une coordination intra et intersecorielle insuffisante
7 - les anomalies constatées lors des contrôles d’hygiène et de salubrité ne sont pas corrigés.
8 - l’instabilité des personnels
9 - l’insuffisance dans la qualité du dépistage.
RECOMMANDATION DES ASSISES
NATIONALES DE LA SANTE SCOLAIRE
Etant donné que la santé scolaire constitue l’un des meilleurs investissements pour la promotion et la protection de la santé et partant du constat qu’elle a enregistré depuis l’indépendance des progrès et des acquis indéniables, avec le développement de nombreuses activités de dépistage, de vaccination, d’éducation sanitaire et des contrôles d’hygiène, mais que des insuffisances persistent dans certaines régions ou localités ou bien dans certains aspects de la prise en charge de la santé des enfants et des adolescents, les Assises nationales de la santé scolaire recommandent :
1 - Concernant les objectifs assignés à la santé scolaire :
Cependant il est proposé de quantifier les objectifs qui peuvent l’être et de les rendre mesurables en définissant pour chaque secteur sanitaire et chaque Unité de Dépistage et de Suivi (U.D.S ), pour chaque année scolaire, les taux de couverture à atteindre en matière de visites systématiques de dépistage , des classes cibles et de l’ensemble des élèves, de couverture vaccinale des âges ou classes-cibles, de contrôles d’hygiène et de salubrité des établissements concernant l’eau et l’assainissement en particulier ainsi que d’éducation pour la santé.
2 – Concernant les nouvelles mesures à prendre :
2-1- Les Assises, reconnaissant aux Unités de Dépistage et de Suivi un rôle fondamental comme unités de soins de santé de base assurant l’ensemble de ceux-ci, proposent de mieux les intégrer dans le système national de santé et le secteur sanitaire à l’échelle locale en tant qu’entités fonctionnelles participant aux programmes locaux de santé publique.
A cet effet il est recommandé de :
2-2- Les mesures nouvelles à caractère médical et technique doivent viser en priorité une meilleure efficacité et efficience des activités de santé scolaire en améliorant les taux de couverture ainsi que la qualité des prestations fournies aux élèves.
Dans ce cadre il est préconisé :
- D’améliorer la qualité du dépistage et de l’orienter en fonction des spécificités locales et des pathologies prévalentes,
Des fiches techniques devraient être élaborées à cet effet.
- D’impliquer de façon plus étroite les parents et les enseignants dans le dépistage des anomalies sensorielles et autres affections nécessitant un dépistage précoce, dès la première année de scolarisation,
- De produire l’information sanitaire qui permet d’analyser la situation sanitaire à l’école (maladies à déclaration obligatoire, pathologies chroniques, tabagisme, toxicomanie, etc…),
- D’améliorer la qualité et la fiabilité de l’évaluation des activités du programme de santé scolaire,
- De développer la formation continue des personnels médicaux et auxiliaires et notamment dans la prise en charge, le traitement et le suivi des maladies transmissibles et non transmissibles prévalentes (asthme, diabète, épilepsie, etc…),
Dans ce cadre il est également recommandé d’intégrer dans le cursus de formation des médecins généralistes une formation plus appropriée à la prise en charge de santé publique des pathologies non transmissibles.
- De revoir en vue de les uniformiser les classes-cibles du programme de santé scolaire qui sont actuellement différentes pour les visites médicales systématique de dépistage (1ere, 2ème , 7ème A.F, 1ère A.S ), les vaccinations (1ere, 6ème A.F, 1èreA.S ) et le Programme de santé bucco-dentaire ( 1ère, 2ème, 4ème, 7ème A.F, 1ère A.S ),
Une proposition à étudier de façon particulière concernerait l’identification de la ( 1ère, 2ème ,4ème A.F, 7ème, 9ème A.F , et 1ère A.S ) comme classes-cibles,
- De réviser le dossier médico-scolaire de l’élève en y intégrant tous les paramètres de dépistage et de surveillance,
- D’analyser les supports trimestriels et annuels d’évaluation dans le sens d’une meilleure intégration des différentes activités dans un même support et de l’amélioration de la fiabilité de l’évaluation,
- D’assurer la prise en charge en liaison avec l’U.D.S de référence du secteur sanitaire et les unités de lunetterie et d’appareillage pour handicapés la prise en charge des enfants ayant une baisse de l’acuité visuelle ou atteints d’un autre handicap,
- D’améliorer le dépistage et la prise en charge de la pathologie bucco-dentaire en amplifiant le programme national de santé bucco-dentaire scolaire,
- De renforcer les contrôles médico-sportifs en milieu scolaire et de promouvoir l’éducation physique et sportive,
- D’accorder une place privilégiée à l’éducation sanitaire et la communication sociale en milieu scolaire en :
dynamisant les campagnes d’éducation sanitaire et de communication sociale avec une attention plus grande aux problèmes liés au genre (filles ++),
- renforçant les moyens didactiques des équipes de santé scolaire,
- suscitant la création de clubs de santé dans les établissements.
3 - Concernant l’actualisation du dispositif organisationnel de la santé scolaire :
Les Assises Nationales de la santé scolaire soulignent la nécessité de renforcer l’intersectorialité dans la mise en œuvre d’un Programme qui occupe un rang prioritaire dans la politique nationale de santé et d’amplifier les ressources mises à sa disposition en faisant appel à la contribution humaine, matérielle et financière des services de santé, de l’éducation nationale et des collectivités locales.
Les Associations de parents d’élèves doivent être associées de façon étroite à l’orientation des activités de santé scolaire.
Par ailleurs une organisation rigoureuse des activités doit permettre la réalisation optimale des objectifs assignés à la santé scolaire.
A cet effet il est recommandé de :
Enfin il est vivement recommandé d’intégrer la couverture des écoles privées par le système de santé scolaire et de réfléchir à l’élaboration de la charte de la santé scolaire (droit à l’élève à la santé, à l’éducation sanitaire, à la prévention de la violence, des retards scolaires…), et de promouvoir la notion d’école-santé où sont réunies toutes les composantes d’une promotion optimale de la santé.