Annexe 7 :

 

Déclaration du représentant permanent à la session extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies, consacrée au VIH/SIDA

Algeria

 

Intervention de S.E.M. Abdallah BAALI,

Ambassadeur, Représentant Permanent,

Chef de la Délégation Algérienne,

Devant la même session extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies, consacrée au VIH/SIDA

(virus de l'immunodéficience humaine / syndrome d'immunodéficience acquise).

New York, le 25 juin 2001.

 

Monsieur le Président,

La tenue de cette session extraordinaire consacrée à l'examen, sous toutes ses facettes, du problème que pose, à l'ensemble des sociétés, le virus de l'immunodéfieience humaine et du syndrome d'immunodéficience acquise (VIH/SIDA) traduit l'intérêt que portent les Etats Membres à cette question ainsi que leur volonté d'unir aussi bien leurs efforts que les moyens

dont ils disposent pour opposer un front commun à cette menace globale qui représente l'un des défis majeurs auxquels se trouve confrontée la communauté internationale en ce 3ème millénaire.

Si les effets de la pandémie du VIH/ SIDA sont ressentis avec la même intensité dramatique par toutes les populations, cette maladie prend cependant, dans les régions du Sud, l'ampleur d’une véritable catastrophe économique, sapant les efforts de développement et compromettant les quelques progrès réalisés au prix de lourds sacrifices, notamment en matière de développement social.

C'est tout aussi une menace sociale qui bouleverse les structures en place, comme la famille,

traditionnel foyer de solidarité et d'entraide, qu'une tragédie humaine puisque elle met en danger la survie de populations entières et plus particulièrement celle âgée de 15 à 49 ans dont les plus touchés sont les femmes et les enfants. Les conséquences pour les pays sévèrement affectés sont, en tous points de vue, incommensurables. Comment, en effet, pouvoir répondre à une demande sans cesse croissante lorsque les moyens humains et matériels pour prendre en charge les malades et les orphelins par exemple font cruellement défaut?

Pour ce faire,1a solidarité internationale a un rôle prépondérant et salutaire à jouer pour aider les pays qui en ont grandement besoin à combattre efficacement et durablement le VIH/SIDA. En effet, et en attendant que soient mis au point des vaccins permettant de se prémunir contre cette terrible maladie, la mise à la disposition des pays en développement, à des prix abordables, des moyens de prévention et surtout les traitements tels la tri-thérapie, constitue, à notre sens, le seul moyen à même de juguler d'abord et d'inverser ensuite les tendances actuelles, car il ne s'agit pas seulement de garantir le droit des malades à un traitement et à l'accès aux soins, que personne ne conteste d'ailleurs, mais de faire en sorte que leurs pays soient mis en mesure de les fournir.

Dans ce contexte, il est nécessaire de rappeler les initiatives heureuses prises par quelques laboratoires pharmaceutiques et c'est le lieu, ici, de se féliciter de leur participation à cet effort collectif et d'appeler les autres à suivre leur exemple.

 

Monsieur le Président,

Déjà confrontée à nombre de défis complexes, l'Afrique est également, de toutes les régions du monde, celle où sévit Ie plus la pandémie du VIH/SIDA puisque sur les 36 millions de personnes porteuses du virus, plus des deux tiers sont Africaines, que sur les 13 millions d'orphelins du SIDA recensés dans le monde, plus de 12 millions sont Africains et que les 3/4 des 22 millions de personnes décédées dans le monde des suites du SIDA sont Africaines.

Conscients de la gravité des conséquences de cette redoutable pandémie tant sur les populations que sur les économies, la stabilité et la sécurité des pays affectés, les dirigeants africains ont adopté, dès le début des années 1990, une série de mesures de riposte collective concrétisées dans des Déclarations et des Plans d'action et autres dont Ies plus récents sont:

- Le Cadre de Partenariat international pour la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique, approuvé lors du Sommet d'Alger en 1999;

- Le Plan d'action d'Alger sur les stratégies de soutien aux orphelins du VIH/SIDA, aux enfants vulnérables et les enfants infectés par le VIH/SIDA, adoptés lors de la 23ème session, tenue en Avril 2000 à Alger, de la Commission du Travail et des Affaires Sociales de l'OUA;

- La Déclaration de Lomé sur le SIDA en Afrique, adoptée en juillet 2000;

- Et plus récemment, la Déclaration adoptée, en avril dernier, par le Sommet d'Abuja sur le VIH/SIDA, la tuberculose et autres maladies infectieuses connexes, considérant le SIDA comme une situation d'état d'urgence sur le continent, demandant la levée de toutes les barrières tarifaires et économiques empêchant l'accès au financement des activités concernant le SIDA, plaçant la lutte contre le VIH/SIDA en taut que question prioritaire des plans nationaux respectifs de développement et soutenant la création du Fonds Global pour le SIDA.

 

Monsieur le Président,

Bien que peu affectée par ce fléau mondial, l'Algérie n'en a pas moms, à l'instar d'autres pays, pris des mesures pour s'en prémunir. C'est ainsi qu'elle a mis en place, dès 1988, le Programme national de lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles (MST/SIDA) qui constitue un ensemble des dispositions stratégiques, des ressources et des structures dont le pays s'est doté pour enrayer la progression de ces maladies dans le cadre de la politique sanitaire en vigueur. Ce Programme visait trois objectifs:

- la prévention de la transmission du VIH;

- la réduction de l'impact individuel et familial de l'infection à VIH; et

- la réduction de l'impact du SIDA sur les dépenses de sauté.

Pour atteindre ces buts, nombre d'actions prioritaires out été retenues, parmi lesquelles:

- la promotion de comportements sexuels à moindre risque par l'éducation, la sensibilisation et l'information des jeunes en milieu scolaire et non scolaire, des hommes et des femmes en milieu professionnel;

- la facilitation de l'accès au préservatif, dans ses aspects coût et circuit de distribution;

- la garantie du diagnostic et du traitement précoce des MST et l'organisation et le renforcement de l'accès aux conseils et au dépistage volontaire du VIH;

- le développement de l'accès aux services de la planification familiale;

- la garantie de la sécurité transfusionnelle sur tout le territoire ainsi que le contrôle du respect des conditions de l'asepsie et de la stérilisation;

- la garantie de l'accès aux services de sauté aux séropositifs et des malades du SIDA ainsi que la promotion de l'accès aux services sociaux pour les séropositifs, les malades et leurs familles;

- la réorientation des dépenses publiques pour appuyer le budget de la sauté et garantir le financement des activités d'éducation sanitaire développées par les autres départements.

Au cours des différentes phases de mise en oeuvre, un certain nombre de structures out été créées, telles que les centres de référence pour assurer la prise en charge ét le suivi des séropositifs et des malades sur le plan biologique, clinique, thérapeutique, psychologique, la gestion des moyens diagnostiques thérapeutiques et la formation des personnels de sauté, ou encore la création des comités de Wilayas de lutte contre les MST/SIDA (sauté, autres secteurs et associations). La décentralisation effective des activités de lutte contre les MST/SIDA a été réalisée dans le cadre d' une approche multisectorielle.

Enfin, l'évaluation de la concrétisation du Programme, à travers l'élaboration de plans à moyen terme, a fait ressortir des insuffisances qui seront prises en charge lors de l'élaboration d'un processus de planification stratégique 2001-2005.

Monsieur le Président,

Pour nombre de pays en développement, le combat contre le SIDA est, sans conteste, un combat difficile et douloureux tant ils sont impuissants à faire face, avec les moyens dérisoires dont ils disposent, à la pandémie du VIH/SIDA et à l'indifférence qui l'entoure. Je voudrais, à cette occasion, me féliciter du leadership pris par notre organisation dans la mobilisation des acteurs concernés et dans la lutte contre le SIDA, et du rôle joué par l'ONUSIDA et ses partenaires ainsi que les associations activant dans le domaine. Je voudrais, enfin, exprimer l'espoir que l'intérêt généré par cette session extraordinaire fera en sorte que les engagements pris par tous les acteurs ne resteront pas de vains mots et qu'ils seront effectivement mis en œuvre afin de contenir d'abord et d'éradiquer ensuite ce fléau qui menace l'existence même de l'Humanité.

]e vous remercie.

Résolution adoptée par l’Assemblée Générale

Extrait de la déclaration du millénaire

Développement et élimination de la pauvreté

Nous décidons :

que d’ici là, nous aurons arrêté la propagation du VIH/SIDA, et commencé à inverser la tendance actuelle, et que nous aurons maîtriser le fléau du paludisme et des autres grandes maladies qui affligent l’humanité.

D’apporter une assistance spéciale aux orphelins du VIH/SIDA.

Répondre aux besoins spéciaux de l’Afrique

Nous décidons de :

D’aider l’Afrique à s doter des capacités voulues pour freiner la propagation de la pandémie du VIH/SIDA et d’autres maladies infectieuses.

8 e séance plénière

8 septembre 2000

 

Avant propos de la Déclaration d’engagement sur le VIH/SIDA

Par Monsieur Kofi A. Annan, Secrétaire Général des Nations Unies

25, 27 Juin 2001

S’il veut avoir la moindre chance de succès dans sa lutte contre le VIH/SIDA, le monde doit forger une grande alliance où mieux unir ses efforts. La déclaration d’engagement sur le VIH/SIDA est l’aboutissement de toute une année de sensibilisation, d’engagement public et de mobilisation. Mon grand espoir, c’est que cette déclaration signale la mise en place d’une action de lutte- par les gouvernements, le organisations multilatérales, le secteur privé et la société civile- à la hauteur de cette épidémie meurtrière.

A ce jours, le VIH/SIDA a infecté quelque 36 millions de personnes et en a tué 22 millions d’autres. En adoptant cette Déclaration lors de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, tenue du 25 au 27 juin 2001, la communauté internationale s’est fixé des objectifs communs pour ralentir la propagation du VIH/SIDA et en atténuer les effets.

Bien que la Déclaration définisse un vaste programme de travail, nos priorités doivent être claires :

Premièrement, s’assurer que tous, partout, -en particulier les jeunes- savent comment prévenir l’infection ;

Deuxièmement, mettre fin à ce qui est peut être la forme de transmission la plus tragique du VIH : la transmission de la mère à l’enfant ;

Troisièmement, traiter toutes les personnes contaminées ;

Quatrièmement, redoubler l’effort de recherche pour mettre au point un vaccin et une thérapeutique ; et Cinquièmement, prendre soin de tous ceux dont la vie a été ravagée par le VIH/SIDA, en particulier les orphelins qui sont déjà plus de 13 millions.

Nous ne gagnerons pas notre combat contre le SIDA sans les ressources nécessaires. Nous devons mobiliser 7 à 10 millions de dollars chaque année pour financer tous les aspects de cette lutte dans les pays à revenu faible ou moyen. Ces ressources proviendront en partie des pays touchés par le virus. En Afrique, les dirigeants sont déjà en train de relever le défi, et les gouvernements se sont engagés à accroître sensiblement les budgets de santé. Il faut certes s‘en féliciter, mais cela ne suffit pas.

Les pays africains et d’autres pays en développement auront besoins d’aide importante pour répondre aux besoins de leurs populations. C’est pourquoi, dans sa Déclaration d’engagement, l’Assemblée générale a approuvé la création d’un Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/SIDA et pour la santé que tous les pays souhaitent à présent rendre opérationnel avant la fin de l’année. Le Fonds a déjà reçu plus d’un milliard de dollars sous forme de contributions effectives ou annoncées de gouvernements, de fondations, d’entreprises et de particuliers. C’est un très bon début, mais c’est loin d’être suffisant. J’invite donc les gouvernements, la société civile, le secteur privé, les fondations et les particuliers à contribuer à la lutte contre le SIDA par tous les moyens.

Dans ce combat, il n’y a pas de différence entre nous et les autres, entre pays développés et pays en développement, entre riches et pauvres, mais un ennemi commun qui ne connaît pas de frontières et qui menace tous les peuples. Nous devons toutefois être bien conscients que, si le VIH/SIDA frappe autant les riches que les pauvres, ces derniers sont beaucoup plus vulnérables à l’infection et beaucoup moins bien armés pour faire face à la maladie une fois atteints. L’impulsion donnée par la Déclaration et la volonté qu’elle cristallise raviveront les forces et la motivation des milliers d’agents sanitaires, d’enseignants et de responsables communautaires qui luttent contre le VIH/SIDA dans les régions les plus pauvres du monde , ainsi que des millions de personnes qui en souffrent. Ils sauront désormais que le monde se mobilise enfin –ressources à l’appui- pour gagner cette guerre dans l’intérêt de l’humanité tout entière.

Kofi A.Annan

Secrétaire Générale des Nations Unies