Partie 2 : Analyse de la situation
Les Ressources
Introduction
L’évaluation des coûts et des dépenses en matière de santé est un exercice relativement complexe comparativement au même processus lorsqu’il s’agit de biens et de services marchands.
Néanmoins beaucoup de pays ont pu mettre en œuvre des méthodes d’analyse et de mesure des coûts qui prennent en considération les caractéristiques particulières des services sanitaires. En Algérie, bien que le débat autour de cette question soit engagé depuis plusieurs années, la situation est telle qu’aucune méthode n’a été adoptée pour l’instant et généralisée dans les différentes structures de santé et qui permet de dire quel est le coût de telle ou telle prestation. Dans la pratique comptable les notions de coûts n’ont pas la même signification. La dépense consiste en un flux de sortie de trésorerie. C’est un décaissement monétaire; le coût par contre désigne la somme des charges s’appliquant à un moyen d’exploitation ou à un produit, à un stade d’élaboration d’un produit ou à un programme.
Cette distinction renvoie dans la réalité à deux logiques de gestion totalement différentes.
En Algérie, et jusqu’à présent c’est la première logique qui a dominé.
Tout effort de maîtrise de coût et de rationalisation de choix en matière de santé publique implique l’adoption d’un nouveau système d’organisation de gestion.
Méthode et approche de recherche
Les formulaires C1 à C11 retracent les différentes étapes d’évaluation des coûts dans le cadre de la mobilisation des ressources.
Aussi, cette évaluation a obéit également à plusieurs démarches à savoir :
Ces différents coûts ont trouvé leur origine dans les calculs des coûts de revient dans les structures d’hospitalisation. Pour les évaluations en matière d’investissement (matériels et bâtiments) un coût moyen a été recherché.
Les différents tableaux C1 à C11 sont contenus dans le guide des directives d’évaluation des coûts stratégiques de prévention du VIH, guide méthodologique ONUSIDA de mars 2001.
La méthode adoptée pour le calcul des coûts induits par la pathologie est celle dite des " sections homogènes ".
Cette méthode implique le déversement de l’ensemble des charges de l’établissement sur le malade et/ou la quote part qu’il induit dans un service bien précis.
Les coûts recherchés prennent en compte l’ensemble des dépenses directes et indirectes à affecter au malade. Il est entendu par dépenses directes et indirectes toutes les charges :
Il y a lieu de tenir compte, aussi, du coût social de la pathologie, se traduisant par l’absentéisme et l’éloignement et/ou l’exclusion, du monde du travail et la prise en charge par la Sécurité Sociale.
Le chapitre " Epidémiologie du VIH/SIDA et des infections sexuellement transmissibles " montre :
De l’étude de l’état des lieux, il ressort que seulement 200 cas environ sont suivis dans les structures hospitalières en particulier à l’hôpital
Laadi Flici, à Alger, à Oran, à Constantine et à Annaba, sites pilotes pour traitement par trithérapie.
Dans le cadre de la sécurité transfusionnelle 211813 donneurs ont été contrôlés au 31 décembre 1998 2.
Dans le cadre de l’algorithme appliqué actuellement, les structures de transfusion sanguines réalisent un deuxième test ELISA sur tout don de sang qui apparaît positif ou indéterminé au premier test ELISA. Un Western Blot pour confirmation est alors pratiqué.
Les coûts de la pathologie, induits à l’heure actuelle se traduisent dans les tableaux 9, 10 et 11 ci après :
Tableau 9: dépistage et prise en charge thérapeutique estimation
|
Nature du coût |
Nombre de cas |
Montant par cas (DA) |
Montant Total (DA) |
Observations |
|
Sécurité transfusionnelle Contrôle du sang : Test Elisa 2ème test Elisa |
250 000 5 000 |
1950 1950 |
48 750 000 9 750 000 |
Coût par année Donneurs séropositifs |
|
Sous total A |
58 500 000 |
|||
|
Cas de sida traités :
|
500 500
500 |
1950 1950
2500
|
975 000 975 000
1 250 000 |
|
|
Sous total B |
3 200 000 |
Coût par année |
||
|
Traitement thérapeutique
|
500
500 |
800 000
18 000 |
400 000 000
9 000 000 |
Evaluation traitement annuel (coût actuel) répétés plusieurs fois selon hospitalisation |
|
Sous total C |
409 000 000 |
Coût par année |
|
Sous total A |
Sécurité transfusionnelle |
58 500 000 x 5* |
292 500 000 |
|
Sous total B |
Dépistage en milieu hospitalier |
3 200 000 x 5 |
16 000 000 |
|
Sous total C |
Prise en charge thérapeutique |
409 000 000 x 5 |
2 045 000 000 |
|
Total général |
470 700 000 x 5 |
2 353 500 000 |
Source L.N.R –L.P.A
Sidi-Fredj
Source Agence du Sang (ANS)
Coûts : source I.P.A - Sidi Fredj
Coûts : sources E.H.S
El Hadi Flici – Alger
Tableau 10: Charges d’hospitalisation prise en charge des infections opportunistes (estimation)
|
Nature du coût |
Nombre de cas |
Montant par cas (DA) |
Montant Total (DA) |
Observation |
||
|
Rythme d’hospitalisation - 3 fois 15 jours par an |
||||||
|
Charges induites5 : - traitement des infections opportunistes * Imagerie médicale * examen de laboratoire * Frais médicaux * Nécessaires pour administration (consommables et pansements) |
500 500 500 500 |
2500 1500 10000 5000 |
1 250 000 750 000 5 000 000 2 500 000 |
|||
|
Hôtellerie 5 * Alimentation * Fournitures diverses * Autres charges |
500 |
1100 |
550 000 |
|||
|
- Dépenses de personnel5 (G.R.H) Administration comprise |
500 |
45000 |
22 500 000 |
Quote part à affecter pour un séjour de 3 fois 15 jours |
||
|
Total charges d’hospitalisation |
32 550 000 |
Coût par année |
||||
|
Pour cinq années |
32 550 000 X 5 |
162 750 000 |
||||
Tableau 11:Coûts de la prise en charge *
|
I - Sécurité transfusionnelle (Contrôle du sang) (tableau1) |
58 500 000 |
||
|
II - Dépistage et prise en charge en milieu hospitalier (tableau 1) |
3 200 000 |
||
|
III- Prise en charge thérapeutique |
409 000 000 |
||
|
III - Frais d’hospitalisation (tableau 2) |
32 550 000 |
||
|
Montant coûts totaux |
503 250 000 |
||
|
Coûts évalués pour le PPS 2002-2006 |
503 250 000 X 5 |
25 162 500 000 |
|
Coûts calculés pour les 500 cas traités par année
Aussi, de cette analyse financière il ressort que :
Cette situation s’est traduite en particulier par l’endettement des structures compte tenu du coût élevé des produits antirétroviraux et des réactifs, d’où rupture de stocks pour ces derniers et traitement sélectif pour les premiers.
Discrimination involontaire, car bon nombre de régions du pays ne peuvent prendre en charge leurs malades et compte tenu de l’étendue géographique du pays, les centres de référence de par leur éloignement sont inaccessibles et ne constituent pas des zones d’attraction par excellence.
A l’heure actuelle, seul le Ministère de la Santé et de la Population a la charge de la dépense, les malades étant traités et dépistés dans des structures hospitalières existantes. De ce fait, la notion de l’investissement et des amortissements est passée sous silence. Les moyens humains (dépenses générées par le personnel), et les frais et/ou charges d’hospitalisation s’intègrent au prix de la journée d’hospitalisation de la structure d’accueil.
Partant de cette situation (état de lieux), les chiffres sont éloquents en matière de dépenses publiques et de prise en charge des malades atteints.
Dans le cadre du financement des dépenses de santé en matière de lutte contre les IST/VIH/SIDA le Ministère de la Santé et de la Population voit sa participation très accrue au niveau des postes suivants :