Partie 3 : Analyse de la réponse
Réponse en matière de surveillance épidémiologique
La notification du VIH/SIDA et la séro-surveillance sentinelle du VIH composent actuellement le système de surveillance épidémiologique.
- La notification
Elle porte sur la déclaration obligatoire du SIDA et du VIH selon un système spécifique et codifié. Le diagnostic est biologique, basé sur un test ELISA effectué au niveau du laboratoire intermédiaire (Centres de Transfusion Sanguine le plus souvent) et sur un test de confirmation WESTER BLOT, en cas de séropositivité, réalisé par le laboratoire National de référence. La fiche de notification comprend les caractéristiques sociodémographiques du patient, les modes de contamination, le diagnostic clinique et biologique. Le circuit de la déclaration est le suivant : médecin-laboratoire intermédiaire- LNR et retour de l’information traitée sous forme de tableaux vers les institutions centrales (MSP et INSP).
Le système de notification du VIH/SIDA souffre de plusieurs contraintes: circuit de déclaration lourd, centralisé, fiche de notification obsolète, manque d’information au niveau des fiches de notification, pas de lien entre les trois stades de l’infection VIH/SIDA (séropositivité – SIDA - décès). Deux fiches de notification du SIDA et du VIH ont été mises au point par la Commission Epidémiologie du Comité National de Lutte contre les MST/SIDA. Elles restent à tester avant de les généraliser.
Par ailleurs, l’incidence du VIH permettant de connaître les caractéristiques des personnes infectées et donc de réorienter les stratégies ne peut être appréhendée. Cela est dû au fait de l’absence de structures permettant le comptage des cas incidents (absence de centres de dépistage anonymes et gratuits et d’un réseau de dépistage de l’infection à VIH, qui doit s’appuyer sur des laboratoires de microbiologie et non sur les Centres de Transfusion Sanguine). Il est nécessaire d’encourager le dépistage volontaire au niveau des structures de santé, des centres de protection maternelle et infantile et des CDAG.
Les activités de sérodiagnostic et de dépistage anonyme sont pratiquement inexistantes en dehors du dépistage en milieu hospitalier à des fins médicales (chirurgie, explorations), ce qui compromet toute stratégie globale. Par ailleurs le dépistage du VIH non autorisé dans le secteur privé et qui se pratique malgré tout échappe à la surveillance. Il doit être réglementé pour éviter tout dérapage (faux positifs et faux négatifs). Les difficultés de diagnostic de l’infection à VIH résident aussi dans le fait que jusqu’à l’heure actuelle, le diagnostic du VIH se fait dans les Centres de Transfusion Sanguine, qui sont ainsi détournés de leur objectif originel, à savoir le dépistage du don du sang.
De ce fait, les séropositifs dépistés sont perdus de vue car non dépistés dans un cadre organisé et structuré de prise en charge.
- La surveillance épidémiologique des IST
Elle repose uniquement sur la déclaration obligatoire, de 2 IST : gonococcie et syphilis. Cette notification est insuffisante car le secteur médical privé n’est pas intégré dans le processus de contrôle des IST, alors que c’est vers lui que se dirigent de façon privilégiée les malades consultant pour ce type de maladie. Un nouveau système de surveillance des IST doit être mis en place.
- La séro-surveillance sentinelle
Elle porte sur certains groupes ayant des comportements différents (femmes enceintes -patients porteurs d’IST et professionnelles du sexe) et n’a commencé effectivement qu’en l’an 2000. La difficulté de mener à terme le processus des enquêtes de séroprévalence, afin d’avoir des informations sur la tendance évolutive de l’infection à VIH au niveau des groupes ayant des comportements à risque différents, constitue une entrave certaine à la surveillance épidémiologique de cette affection (projets non retenus par l’ONUSIDA, absence de réactifs…). Les sites de séro-surveillance sentinelle fonctionnelle au cours de l’année 2000 risquent de ne plus l’être en 2001 en raison de l’absence de réactifs. Ils demeurent aussi insuffisants car il faut les étendre à d’autres wilayas du sud, en plus de Tamanrasset et aux wilayas à risque, avec forte proportion de nationaux résidents à l’étranger. Ces sites doivent aussi associer le secteur privé.
- La surveillance comportementale
En dehors des enquêtes CAP localisées, il n’y a jamais eu d’enquête comportementale portant sur la population ou des sous-groupes définis (Jeunes en milieu scolaire, travailleurs du sexe…). Le système actuel ne suit pas les comportements à risque qui constituent des signes d ‘alerte pour la propagation du VIH. Il est nécessaire d’intégrer le recueil des données comportementales dans le système de surveillance car elles sont très utiles pour cibler les actions de prévention.
Ce système ne permet pas à l’heure actuelle une bonne alerte précoce car un système d’alerte précoce est essentiellement basé sur des données qui enregistrent le risque plutôt que l’infection réelle par le VIH. Les données de risque relatives par exemple aux rapports sexuels non protégés avec des partenaires multiples peuvent provenir d’enquêtes comportementales ou d’autres marqueurs biologiques (par exemple, les IST pour les rapports sexuels non protégés). Il est nécessaire d’adopter les systèmes de surveillance de deuxième génération, donnant des informations qui aident à identifier les personnes à risque d’infection et quels sont les comportements qui les exposent à ce risque.