Partie 3 : Analyse de la réponse

  1. Réponse à la vulnérabilité dans les groupes à comportements à risque

Au moins trois types de groupes à comportements à risques sont concernés :

  1. les jeunes et notamment les jeunes drogués.
  2. Les prisonniers
  3. Les travailleurs du sexe 

Les jeunes constituent une cible pour le VIH/SIDA par

  • leur jeune âge bien sûr
  • le risque de drogue
  • et le risque du travail du sexe
  1. Actions du gouvernement :

1.1 La drogue :

Contrairement aux années précédentes où la toxicomanie se pratiquait essentiellement avec des drogues douces, les jeunes s’adonnent de plus en plus aux drogues dures en utilisant les injections, ce qui augmente le risque de transmission de VIH.

Il faut ajouter à cela, une consommation de plus en plus importante d’alcools et de psychotropes qui sont des facteurs favorisants.

Le Gouvernement, par le biais du Ministère de la Jeunesse et des Sports met à la disposition de cette population des Centres d’Information et d’Animation de la Jeunesse (CIAJ) implantés dans les 48 wilayas du pays ; dans chaque CIAJ, il y a un point-santé où exercent des médecins et des psychologues qui assurent :

  • soit des entretiens individuels pour les UDI connus
  • soit une consultation téléphonique, celle-ci est assurée grâce à la mise à disposition d’un téléphone vert (n° 116) où l’appel est gratuit.

Dans certains hôpitaux, existe un centre de désintoxication avec des médecins spécialisés, des éducateurs et des psychologues. Leur mission essentielle est la désintoxication et la lutte contre les dépendances. Ces centres associent les membres de la famille des jeunes dépendants, à la prise de décision.

 

1.2 Le travail du sexe :

Les travailleurs du sexe  sont à la fois acteurs et victimes ; pour cette population, la réponse des Autorités Officielles (Gouvernement) a été multiforme.

Dans les " maisons de tolérance ", les travailleurs du sexe  sont à la fois surveillés par les Services de Sécurité et protégés par les services de santé qui, rappelons le, effectuent un travail considérable puisque les travailleurs du sexe  " légaux " sont vus régulièrement par des médecins spécialistes et des sages - femmes et bénéficient de deux consultations hebdomadaires réglementaires, pour le dépistage de la gonococcie, d’un dépistage sérologique bimestriel (TPHA, VDRL, HBS, HCV, VIH) et d’un contrôle semestriel anatomo-pahologique cervico-vaginal (FCV) pour le dépistage des pathologies du col et annexes.

Ils bénéficient également d’une dotation gratuite en :

  • antibiotiques pour le traitement de la syphilis et la gonococcie
  • moyens de protection : préservatifs et contraceptifs oraux

Education sanitaire

Inspection Sanitaire des lieux de travail

Soutien moral et médical des patientes infectées par le VIH par la psychologue du SEMEP et orientation éventuelle vers le Service des Maladies Infectieuses et dépistage de leurs sujets contacts (sérologie faite au CTS)

 

1.3 Les prisonniers :

Ils peuvent constituer un risque pour la transmission du VIH/SIDA lorsque l’on considère 3 paramètres :

  • souvent leur jeune âge
  • la surcharge des prisons
  • l’existence parfois d’HSH.

Cependant, lorsqu’on analyse certains chiffres, il semble que le danger n’est pas aussi important. En effet, à titre d’exemple, pour la prison centrale d’Oran où les effectifs tournent autour de 2.500, trois cas de SIDA ont été détectés pour la période de 1996 à 2000.

Aucun cas de VIH positif n’a été signalé chez les HSH connus, alors que pour ces derniers, des tests de sérologie syphilitique et de VIH sont pratiqués à l’entrée.

Il existe deux types d’HSH dans les prisons:

  1. les HSH connus qui se déclarent comme tels, eux mêmes, à l’entrée ; ils sont alors mis dans des cellules à part, leur nombre est d’une dizaine, soit, un taux d’environ 4/1 000.
  2. Les HSH " clandestins " qui peuvent s’adonner à cette pratique dans les salles communes, le soir, en l’absence de tout contrôle de l’administration pénitentiaire.
  3. Les viols collectifs

Pour cette population, les autorités officielles effectuent un contrôle médical ; en effet, dans les prisons, des médecins généralistes sont affectés à temps plein en plus de l’appel éventuel à la demande, de médecins spécialistes.

Chaque prisonnier fait l’objet d’un examen médical systématique à son admission et continue d’être éventuellement suivi selon sa situation sanitaire.

De plus, le Ministère de la Justice et le Ministère de la Santé ont décidé de créer au niveau de l’hôpital le plus proche, un pavillon carcéral de 20 à 25 lits, dirigé par le Service de Médecine Légale et chargé de régler les problèmes importants de santé (maladies infectieuses, interventions chirurgicales etc.…), et ce, en collaboration avec les autres services de spécialité du CHU.

  1. Actions de la société civile :

2.1 Les jeunes et les drogues :

Plusieurs ONG s’occupent du problème du VIH/SIDA. Ainsi, à titre d’exemple à Oran, l’Association de Protection contre le SIDA (APCS) active d’une façon intense sur plusieurs plans comme :

  • Réalisation de supports didactiques
  • Campagnes de prévention
  • Ecoute et soutien aux personnes atteintes du SIDA
  • Activités " spécial été " appelées " cap Prévention "
  • Manifestations scientifiques
  • Formation

En plus de ces activités routinières, cette Association travaille en partenariat avec des Associations Maghrébines et Européennes, notamment :

  • AMAL Tunis
  • ALCS Tanger
  • AIDS Provence (France) et une Association Espagnole

 

2.2 Les travailleurs du sexe

Concernant les travailleurs du sexe, il n’existe aucune association s’occupant de leurs problèmes.

 

2.3 Les Prisonniers :

Par contre pour les prisonniers, la société civile a amené sa contribution par le biais d’un certain nombre d’association de défense des droits de l’homme.

  1. Enseignements tirés :

Ce qui doit être poursuivi 

 

  • Pour le travail du sexe

La surveillance et l’aide médicale des " maisons de tolérance ", la surveillance en matière de sécurité par la police.

 

  • Pour les prisonniers 

La surveillance et l’aide médicale à l’admission et au cours de leur séjour.

Ce qui doit être élargi 

  • Pour le travail du sexe :

L’ouverture des " maisons de tolérance " dans toutes les grandes villes.

  • Pour les prisonniers :
    • Renforcement du contrôle médical
    • Renforcement de l’IEC sous forme d’éducation sanitaire permanente
  • Pour les UDI :
  • Le téléphone vert fonctionne actuellement selon les horaires administratifs (08h 00 – 12h 00. 14h 00 – 17h 00), il est souhaitable de le faire fonctionner 24h/24h ou au moins pendant un horaire assez large, sans interruption jusqu’à une heure tardive de la soirée, car la sollicitude des jeunes UDI se fait à partir de 15h 00 – 16h 00 et tard dans la soirée.
  • Les centres de désintoxication devraient se situer en dehors du milieu hospitalier (et notamment psychiatrique)
  • Elargir l’action associative à la majorité des ports algériens.

Ce qui n’est pas adapté et doit être abandonné 

  • Pour le travail du sexe

Diminuer au maximum l’importance du travail du sexe clandestin par un certain nombre de mesures en particulier l’ouverture des " maisons de tolérance " et la captation des travailleurs du sexe  clandestins par le service de santé de ce type de population pour les raisons sanitaires.

  • Pour les prisonniers 

La surcharge des prisons nécessite, outre l’amélioration de l’environnement social, la construction et/ ou l’aménagement de nouvelles " maisons de rééducation ".