Partie 3 : Analyse de la réponse

  1. Réponse en matière de réduction de la transmission et de la vulnérabilité aux IST/VIH/SIDA par les actions de communication sociale :

 

Alors que dans l’analyse de la situation nous avons surtout insisté sur les causes de la propagation du VIH, nous examinerons dans l’analyse de la réponse les actions menées par des secteurs spécifiques qui constituent un réseau important de support des messages d’IEC. Dans cette optique nous recenserons les aspects positifs à poursuivre, les aspects positifs à élargir, les aspects négatifs à redéfinir, les aspects négatifs à abandonner et enfin les aspects omis et à prendre en considération. Ceci concernera d’abord le niveau national et ensuite les ministères de :

  • L’éducation
  • La santé et de la population
  • Affaires religieuses
  • La défense nationale
  • La jeunesse et des sports
  • La justice
  • La culture et la communication
  • Les postes et télécommunications
  • Les transports
  • L’intérieur
  1. Le niveau national

Parmi les obstacles recensés pour une mise en place d’une IEC plus efficiente on relève les obstacles suivants :

  1. Insuffisance de la qualité du ciblage des actions d’IEC

En raison d'une absence d'information sur la fiche de notification du VIH/SIDA  on note un manque d’informations sur les caractéristiques socio économiques des personnes contaminées. L’absence d’analyses croisées des variables caractérisant les populations atteintes par le virus, par âge, sexe, niveau de scolarisation, classe socioprofessionnelle, lieu d’infection, empêche un meilleur ciblage des actions d’IEC. Malgré cela, on peut supposer, mais seulement supposer, qu’il s’agit de populations analphabètes ou à niveau scolaire et social très bas, selon les déclarations recueillies auprès des médecins traitant. Cette information est capitale lorsqu’il s’agit d’élaborer des messages pour des populations cibles distinctes. En raison de la faiblesse en termes quantitatifs du nombre de personnes contaminées, des enquêtes qualitatives approfondies en leur direction pourraient être envisagées. Les informations recueillies permettraient très certainement, de lancer des actions de prévention plus spécifiques. Les messages de sensibilisation et d’éducation doivent impérativement être élaborés en fonction du niveau scolaire et social des populations ciblées. Ceux qui ont été réalisés jusqu’à aujourd’hui visent généralement des populations de niveau scolaire moyen ou élevé qui ne constituent pas d'ordinaire des cibles particulières du SIDA.

       

  1. L’absence de dépistage volontaire et anonyme :

Bien qu’on ne puisse pas en conclure une sous évaluation considérable de l’importance de l’épidémie à travers les données existantes, l’absence d’un complément d’informations sur les profils des personnes contaminées que ce dépistage pourrait fournir empêche certainement la mise en place d’une politique d’IEC plus efficace.

Si les obstacles d’ordre organisationnel qui existent actuellement venaient à être levés, il resterait bien évidemment à tester la disponibilité de la population à l’effectuer. Parmi les hypothèses qu’on pourrait émettre concernant une probable résistance, bien qu’aucune enquête CAP (Connaissances Attitudes et Pratiques) ne vienne encore la corroborer, on trouvera éventuellement le caractère angoissant de la maladie car le SIDA évoque la mort. Les messages d’IEC devraient tendre à réduire ces attitudes. Une enquête CAP pourrait aider à identifier les moyens nécessaires pour contourner les résistances éventuelles au dépistage en en identifiant les causes profondes.

  1. Le sida est encore une maladie honteuse :

Malgré certains progrès effectués dans le domaine de la tolérance à l’égard des personnes infectées suite aux campagnes générales de sensibilisation effectuées par les divers intervenants, le SIDA, bien qu’aucune enquête CAP, reste encore considéré comme une maladie honteuse ciblant des groupes sociaux considérés comme marginaux : les travailleurs du sexe, les délinquants, les utilisateurs de drogues injectables et les couches sociales défavorisées.

La faiblesse de la levée de ce tabou risque de rendre difficile le dépistage volontaire et anonyme des populations y compris les plus aisées et les plus intégrées socialement. Or, rien ne prouve encore qu’elles ne courent aucun risque d’être déjà ou de devenir les cibles potentielles de l’épidémie.

Une enquête CAP, réalisée par des spécialistes du comportement, devrait pouvoir identifier la spécificité du rapport culturel à la maladie et les moyens de le contourner.

  1. La résistance à l’utilisation du préservatif :

Les diverses enquêtes CAP ont démontré une certaine résistance à l’utilisation du préservatif. Une recherche nationale lancée par le ministère de la défense nationale démontre qu’à peine le tiers ( 32%) des personnes enquêtées sait que le préservatif est un moyen de protection contre le virus et 50% seulement accepterait d’utiliser un préservatif avec des partenaires occasionnelles. Mais ces résultats prouvent aussi que cette sensibilisation bien que faible encore est la conséquence des différentes campagnes d’IEC menées autour de ce thème.

Une deuxième enquête, réalisée en 1997, auprès d’une population d’un niveau scolaire plus élevé, en l’occurrence 217 médecins, démontre  que 62% des étudiants sont favorables à l’utilisation du préservatif, le score étant le même pour les filles et les garçons. Cependant il faut noter qu’un étudiant sur quatre, notamment les filles, dans 3 cas sur quatre, refuse de répondre. Ce qui démontre une réserve inquiétante pour de futurs médecins.

Son utilisation réelle semble aussi soulever des difficultés du fait que 86% déclare ne pas savoir en faire un usage correct.

Ce qui soulève multiples inquiétudes, comme le signalent les rédacteurs du rapport, étant donné qu’il s’agit de médecins qui doivent pouvoir le prescrire dans le cadre de l’exercice de leur métier.

Une troisième enquête réalisée par l’INSP auprès de 266 jeunes révèle que 64% des jeunes n’ont pas cité (ou n’ont pas voulu citer ?) le préservatif comme moyen de protection contre le SIDA.

En conclusion, ceci révèle que les prochaines campagnes d’IEC devraient être centrées essentiellement sur l’usage du préservatif.

  1. Absence d’informations précises sur la contamination par le biais du travail du sexe

Il s’avère difficile et parfois impossible de classer les causes de l’épidémie par ordre d’importance tant il apparaît, à travers les informations recueillies, que celles-ci sont enchevêtrées et mal identifiées. Tout porte à croire que le système de recueil de l’information ou plus précisément le type de fiches de renseignements utilisé, rend extrêmement difficile leur analyse.

Ainsi dans les tableaux concernant Septembre 2000, on note que sur les 468 cas de sida déclarés, il a été constaté, par ordre d’importance :

  • Sur 87 cas liés à l’utilisation de drogues injectables (UDI), 70 hommes et 4 femmes ont été contaminés à l’étranger et 7 en Algérie, alors que 6 hommes ne donnent aucune précision.
  • Sur 47 cas liés à la transfusion sanguine, 16 hommes et 9 femmes ont été contaminés à l’étranger alors que 11hommes et 8 femmes l’ont été en Algérie. 3 personnes ne donnent aucune indication.
  • Sur 21 cas liés à des rapports sexuels entre hommes, 10 hommes ont été contaminés à l’étranger contre 9 en Algérie, ce qui nous donne un ratio étranger/Algérie à peu près équivalent. On relève l’existence de 2 hommes qui ignorent le lieu de leur infection.
  • Sur 13 cas liés à l’UDI combinée avec des rapports sexuels entre hommes, 9 hommes déclarent avoir été contaminés à l’étranger alors que 1 homme seulement pense l’avoir été en Algérie. 3 hommes n’ont donné aucune information. Le total de personnes infectées dans ce cas de figure est de 168 sur 468 (36%)

Ces chiffres démontrent aussi que l’infection liée à des rapports sexuels entre hommes est aussi importante en Algérie qu’à l’étranger alors que celle liée à l’UDI uniquement est plus importante à l’étranger qu’en Algérie. En outre, le nombre d’utilisateurs de drogues injectables (UDI) infectés (87) est plus important que le nombre d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et des UDI (13), si tant est que les déclarations effectuées soient exactes.

Ceci nous permet de constater que nous connaissons globalement les causes et les lieux de contamination de 168 personnes, c’est-à-dire d’un tiers environ, des 468 cas de sida identifiés (36%).

Ces données nous permettent également de noter que, par sexe, le nombre d’hommes dans ce cas de figure s’élève à 133/168 (86%) et celui des femmes à 22/168 (13%). Sans noter les non-réponses.

Nous constatons aussi que dans ce cas de figure (homosexualité, UDI, transfusion) que les lieux d’infection sont représentés par :

  • 35/468 cas en Algérie donc (7%) dont 27 hommes et 8 femmes
  • 109/468 à l’étranger (23%) dont 96 hommes et 13 femmes
  • et 11 non réponses sur le lieu (2%) dont 10 hommes et 1 femme.

On peut donc dire que ce mode d’infection présenté par un tiers (36%) de la population atteinte par le virus caractérise essentiellement les hommes (86%) et s’effectue généralement à l’étranger (109/168 : 65% des cas).

La question qui se pose alors est celle de connaître les modalités et lieux de l’infection présentés par les 2/3 de la population infectée c’est-à-dire les 306 personnes restantes. Dans ces cas là les chiffres sont plus difficiles à analyser. Ainsi on apprend que parmi celles-ci : 180 personnes sont hétérosexuelles, n’utilisent pas de drogues injectables et ne font pas partie de la communauté des HSH, non transfusées, dont :

  • 110 ont été probablement contaminées en Algérie dont 51 sont des hommes et 59 sont des femmes.
  • 62 personnes ont été probablement contaminées à l’étranger dont 53 sont des hommes et 9 sont des femmes
  • 08 hommes ne donnent aucune précision.

Ces données nous montrent aussi que sur 180 hétérosexuels, 110/468 (24%) des personnes contaminées, l’ont été probablement en Algérie contre 62/468 (13%) à l’étranger et 2% de non-réponse. On peut en conclure que la contamination hétérosexuelle (110), dont on ne connaît pas la cause réelle, s’effectue majoritairement en Algérie, alors que les autres types de contamination s’effectuent à l’étranger.

On s’étonne du nombre élevé de femmes contaminées en Algérie par rapport aux hommes :

53 H à l’étranger et 59 F en Algérie, bien que les données globales concernant les hétérosexuels (Algérie/étranger/NR) sont de 112 hommes pour 68 femmes.

Selon une enquête datant de 1998, 90,6% des femmes hétérosexuelles et contaminées l'ont été par leurs maris qui lui-même s'est infecté à l'étranger.

 

  1. Informations imprécises sur les lieux et modes d’infection par région

A cette donnée vient s’ajouter le fait que nous n’avons pas non plus d’indications réellement précises sur les lieux de l’infection en Algérie. La ville où ils ont été dépistés est-elle réellement la même que celle où ils ont été infectés, la confusion risquant de cacher les véritables foyers de l’épidémie ? S’agit-il de l’Afrique subsaharienne où les déplacements de populations sont importants ou du nord de l’Algérie? Ceci changerait la présentation des résultats statistiques et donc des contenus des messages d’IEC. Ainsi, il n’est pas tout à fait sûr que l’épidémie présente les mêmes caractéristiques à Tamanrasset accueillant des populations issues de l’Afrique subsaharienne qu’à Alger, Béjaïa ou Tizi-Ouzou qui reçoivent, plus particulièrement en été, les populations émigrées en Europe. Les premiers auraient pu être infectés par le biais du travail du sexe, alors que les seconds auraient pu l’être, plus souvent, par le biais de l’UDI. Cette imprécision des données rend fondamentalement malaisée toute identification précise des populations cibles, victimes du virus et compromet par conséquent toute mise en place d’un système d’IEC réellement fiable.

       

C’est pourquoi, l’étude des modes et des périodes de transmissions, peut influer de façon significative sur les contenus des messages d’IEC ainsi que sur les lieux et moments de leur émission. De vastes campagnes de sensibilisation spécifiques doivent correspondre, par exemple, avec les périodes de retour des émigrés dans les régions à forte émigration. Alors qu’à Tamanrasset, l’IEC pourrait avoir un caractère permanent. Le personnel de bord des moyens de transports maritime, routier et aérien, pourrait bénéficier de formations complémentaires et spécifiques. On pourra, ainsi, parler de messages de type 1 (toute l’année) et de type 2 (au moment du retour des émigrés).

       

  1. Ampleur des non-réponses

Ce qui retient l’attention à la lecture des chiffres analysés c’est l’ampleur des non- réponses dont le nombre s’élève à 84/468, c’est-à-dire 18% du chiffre global. Ces chiffres concernant les personnes infectées se répartissent comme suit :

  • On ne connaît que leur sexe : 29, dont 22 femmes et 7 hommes
  • On ne connaît que leur sexe et le lieu de l’infection :
  • Algérie : 35 dont 12 femmes et 23 hommes
  • Etranger : 20 dont 02 femmes et 18 hommes

 

Détail des non réponses : (total : 84)

Uniquement le sexe

Algérie

Etranger

M: 7

F: 22

M: 23

F: 12

M: 18

F: 02

29

35

20

Les messages d'IEC risquent d'être mal élaborés, en raison des difficultés liées à la transmission de l'information par le LNR aux différents utilisateurs de cette dernière. Autant dire que sans analyse convenable des données indispensables à l’identification exacte des populations cibles, il n’est pas possible de construire un message correct en mesure de modifier les comportements. Ce, d’autant plus, qu’à cet état des lieux viennent s’ajouter d’autres éléments qui ne permettent pas de connaître toute la population contaminée par le VIH tels que l’absence de dépistage volontaire et anonyme, le fait que le SIDA soit encore considéré comme une maladie honteuse  ainsi que la résistance à l’utilisation du préservatif. C’est pourquoi la mise en place d’un traitement informatique des données devient plus qu’urgente.

  1. Rareté des actions de contrôle de l’efficacité des messages IEC

A quelques exceptions près, le testing des messages d’IEC et la vérification de la modification des comportements suite à une campagne de sensibilisation ne se fait pas systématiquement.

  1. 1.9 Formation insuffisante du personnel médical et paramédical dans le domaine de la prévention et du suivi.

Malgré les actions de formation menées ces dernières années beaucoup reste à faire en ce qui concerne les spécialités suivantes :

  • Gynécologues
  • Chirurgiens dentistes, gastro-entérologues, ophtalmologues, pneumo-phtisiologues, dermatologues
  • Personnel paramédical et psychologues
  • Généralistes
  • Spécialistes en communication
  • Psychologues

 

  1. Difficultés de coordination entre le CNLS et les divers autres intervenants

En ce qui concerne le Comité National de Lutte contre le SIDA, la régularité des réunions et l’assiduité des membres ont parfois fait défaut, en raison de la non précision par voie réglementaire des droits et devoirs de chacun.

Il faut rappeler que la mission dévolue au Comité National est d’élaborer, de planifier, de coordonner et d’évaluer le PNLS. Cette mission gagnerait à être clairement précisée dans un plan de travail qui lui permettrait de mieux jouer son rôle de coordination, de suivi, et d’évaluation des actions programmées avec les différentes commissions et les différents exécutants, dans un climat de complémentarité nécessaire pour l’atteinte des objectifs.

Dans ce cadre, il est souhaitable qu’une unité de coordination technique et administrative soit mise en place

Elle serait placée sous la tutelle du Président du Comité National dans les domaines de l’élaboration du programme, des procédures de coordination, de suivi et d’évaluation.

Elle serait basée au MSP. La Direction de la Prévention se chargerait des aspects administratifs et logistiques

  1. Le réseau des ministères stratégiques
    1. Le Ministère de l’Education Nationale

 

  • Opportunités

La structure du système éducatif national est caractérisée par les éléments suivants :

Une population cible considérable représentée par plusieurs millions d’élèves. L’efficacité de toute action en leur direction est démultipliée du fait qu’ils sont souvent un relais important d’information et d’éducation de leurs propres parents.

Un réseau de transmission de l’information tout aussi considérable. Celui-ci est formé par un corps d’encadrement important regroupant les enseignants, les personnels de l’administration et de la santé scolaire.

Ces deux supports ont servi comme base aux actions d’IEC suivantes :

  • Depuis deux ans, le VIH constitue un thème obligatoire du programme IEC/santé scolaire. Le programme d’enseignement comprend un thème sur les MST/SIDA. Un ouvrage, intitulé éducation pour la santé en milieu scolaire, réalisé en collaboration avec le MSP et l’OMS, a été distribué à certaines académies.
  • Les élèves des 9ème année fondamentale sont tenus de réaliser trois exposés sur la santé scolaire dont un, obligatoirement, sur le SIDA.
  • Des praticiens dans le domaine de la médecine scolaire, ont été formés, dans certaines villes, sur le SIDA.
  • Commémoration annuelle, sur tout le territoire, de la journée mondiale de lutte contre le SIDA.
  • Projet de réalisation d’un spot sur les IST/SIDA

Cette série d’actions d’IEC donne certainement une opportunité à des enfants en bas âge de saisir très tôt la gravité de cette maladie mortelle et de surcroît pour certains d’en instruire leurs parents. Cependant, dans l’objectif d’une amélioration et d’une généralisation de ces actions dans le cadre du prochain PNLS, les insuffisances suivantes devraient être levées.

  • Obstacles
  • L’ensemble des médecins de santé scolaire n’a pas été dans son entièreté formé au thème des IST/SIDA
  • Insuffisance du nombre d’heures de cours réservés à ce thème dans les écoles. Les enfants n’accèdent à une discussion sur ce thème qu’une seule fois durant leur scolarité, en 9ème année fondamentale.
  • Les enseignants et les élèves ne disposent pas pour la réalisation de leurs exposés d’une documentation standardisée et contrôlée par les structures officielles de la santé.
  1. Le Ministère des Affaires Religieuses et des Habous
  • Opportunités

Un réseau puissant de transmission de l’information. Il est constitué par les 30.000 mosquées qui couvrent l’ensemble du pays. Lors de la commémoration de la journée mondiale sur le SIDA, un prêche est organisé sur ce thème, dans le cadre d’un discours religieux appelant à la fidélité et à l’abstinence.

Les 30 Centres Culturels Islamiques qui se veulent, selon leurs animateurs, des pôles de savoir, de connaissances et de communication, font parfois des conférences sur ce thème. Celles ci sont animées par des conférenciers de formation scientifique, dont des médecins et des sociologues. Comme cela a été déjà signalé par les rédacteurs du rapport diagnostic sur le PMT II, " On peut considérer que la levée même partielle du tabou religieux constitue un très grand acquis pour le développement du programme de lutte contre le SIDA. Cette percée peut faciliter l’avancement du dépistage volontaire si elle est accompagnée de mesures très strictes concernant le secret professionnel ".

  • Obstacles

Ces actions demeurent ponctuelles et ne sont pas organisées dans le cadre d’une stratégie globale de communication.

 

  1. Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière
  • Opportunités

Outre son caractère central dans la lutte contre les IST/ SIDA, il faut y relever :

  • La présence de 200.000 blouses blanches qui constituent un apport loin d’être négligeable dans cette action
  • Ainsi qu’un important secteur public que complète progressivement le secteur privé.

L’action de lutte contre le VIH/SIDA a débuté dés 1988 par la mise en place du Programme National de Lutte contre les IST/SIDA et s’est poursuivie par la décentralisation progressive de ses activités et de ses structures.

 

Ce programme se présente comme suit :

  • Actions de formation, de sensibilisation et de décentralisation des structures (voir chapitre : analyse de la situation)
  • Amélioration du circuit de distribution des préservatifs et réduction de leur coût pour les rendre plus accessibles aux revenus modestes.
  • L’INSP a :
  • Réalisé plusieurs enquêtes CAP
  • Produit une dizaine de courts métrages ayant pour thèmes les IST/SIDA
  • Réalisé des dépliants aussi bien à usage interne que pour d’autres ministères comme les ministères de la défense nationale et de la justice.

Néanmoins, on relève certaines faiblesses dans ce programme qui n’a été initié, faut-il le rappeler, il y a à peine 12 ans (1988-2001) dans un contexte d’urgence et surtout d’insécurité.

  • Obstacles

Ainsi on constate que l’action du MSP menée dans l’urgence a privilégié la dimension médicale et ceci a entraîné, parfois, de sa part une négligence des domaines suivants :

  • Nombre insuffisant d’action de formation de la totalité du corps médical à l’identification du syndrome du SIDA
  • Insuffisance du système de formation/information des travailleurs du sexe, particulièrement clandestines en raison de l’absence d’un contrôle systématique de ces dernières
  • Mauvaise qualité du système de recueil et d’analyse de l’information statistique  et non informatisation du système global de surveillance des IST/SIDA. Insuffisance en sites sentinelles permanents (public/privé) pour la surveillance des IST/SIDA
  • Faible quantité et même qualité des manuels de santé et des messages d’informations concernant les populations cibles et à destination des structures prenant en charge des grands regroupements de populations (l’Education, la Justice et les Transports)
  • Insuffisance du nombre de psychologues formés au counselling, à l'annonce de la séropositivité et au suivi des malades.
  • Absence d’un centre d’accueil et d’information des séropositifs qui ne font actuellement l’objet d’aucun suivi.
  • Absence d'IEC concernant les femmes: femmes des nationaux résidant à l'étranger, du Sud (Femmes de Tamanrasset)…

 

  1. Ministère de la Jeunesse et des Sports
  • Opportunités
  • Elaboration et diffusion de supports éducatifs
  • Création de cellules d’écoute santé jeunes depuis 1992 avec plus 14.000 appels en 2000
  • Caravanes de sensibilisation en milieu scolaire
  • Recrutement de psychologues
  • Implication dans les campagnes du 1er décembre
  • Démarrage d’un programme de formation aux techniques du Focus Group sur le thème "jeunes et santé SIDA ". Celui-ci organisé en direction des cadres du MJS s’est déroulé durant la période juin juillet 2000. Ceux-ci ont par la suite organisé cet été un sondage d’opinion sur les plages de Béjaïa pour évaluer le niveau d’information des jeunes sur le SIDA.
  • Existence d’une ligne verte pour l’écoute et le conseil des jeunes
  • Organisation de caravanes jeunesse
  • Mise en place de cellules de prise en charge des jeunes comprenant 650 médecins, psychologues et éducateurs dans les 117 CIAJ  et 150 points d’écoute pour jeunes
  • Obstacles
  • L’obstacle apparemment essentiel dans le programme d’IEC développé par le MJS est son absence d’autonomisation car il est intégré à l’ensemble des activités Santé/ jeunesse. Il n’existe pas non plus de structure administrative individualisée et autonome chargée uniquement du programme de lutte contre le VIH/SIDA. Or, pour un ministère qui fait partie des départements leaders dans la prise en charge de cette action et visant une population cible considérable, cela est problématique et risque de limiter l’étendue et l’efficacité de son intervention
  • Faiblesse de la promotion et de la distribution du préservatif
  • Insuffisance du nombre de psychologues recrutés, l’action de ceux qui sont déjà sur le terrain ne se limite pas uniquement au traitement des problèmes liés au SIDA, d’où la nécessité de spécialiser certains d’entre eux au traitement de ce problème
  • Irrégularité du fonctionnement du numéro vert. De plus, les 14.000 appels reçus concernent l’ensemble des problèmes rencontrés par les jeunes, ceux concernant uniquement le SIDA ne sont pas identifiés dans les statistiques. De ce fait le MJS ne participe pas activement au système de recueil de l’information et de son traitement.

 

  1. Le Ministère de la Défense Nationale :
  • Opportunités:
  • La lutte contre le VIH/SIDA a débuté en 1987 par la mise en place d’une commission permanente de lutte contre le VIH/SIDA au sein de l’Armée Nationale Populaire (9 Février 1987).
  • Elaboration et diffusion de supports éducatifs (dépliants, affiches, affichettes) à toutes les structures militaires.
  • Journée mondiale de lutte contre le SIDA commémorée chaque année par l’ensemble des unités militaires.
  • L’enquête CAP citée précédemment permet une bonne connaissance d’un éventuel comportement à risque des militaires, plus particulièrement des jeunes appelés.
  • L’école d’application de Sidi Bel Abbès a organisé du 21 au 26 mai 2001 un cours sur le IST/SIDA en direction de 600 membres du corps médical et paramédical.
  • Neuf cassettes vidéo sur le SIDA ont été acquises auprès de l’INSP, dupliquées en 15 exemplaires chacune et mises à la disposition de toutes les directions régionales de santé militaire.
  • Surveillance renforcée des IST avec prise en charge précoce des cas déclarés.
  • Lutte contre les infections nosocomiales au niveau de toutes les structures hospitalières.
  • Des sujets portant sur les IST/SIDA font régulièrement l’objet d’articles sur différentes revues ou de tables ronde lors de journées Médicochirurgicales de l’Armée Nationale Populaire ( XXX1 èmes J.M.C de l’A.P.N organisées les 06 et 07 Novembre 2001 : table ronde sur la prise en charge thérapeutique du SIDA)
  • Obstacles
  • Faiblesse de la promotion et de la distribution du préservatif

 

  1. Ministère de la Justice :
  • Opportunités

Le programme de lutte contre le VIH/SIDA a débuté en 1994 et s’est traduit par une action en coopération avec le MSP qui a englobé :

  • La formation des médecins du milieu carcéral
  • Actions de sensibilisation et de formation du personnel et des prisonniers à travers la réalisation avec le concours de l’INSP de deux cassettes vidéo projetées dans l’ensemble des établissements pénitenciers.
  • Le dépistage se fait assez régulièrement et les porteurs du virus seraient isolés dans des cellules ou bénéficieraient parfois d’une liberté conditionnelle.
  • Une enquête CAP a été réalisée en collaboration avec l’INSP
  • Obstacles
  • Insuffisance de la formation du personnel médical et paramédical
  • La qualité des messages des cassettes vidéo mal ciblées
  • La qualité des techniques de sondage est à améliorer

 

  1. 3. Les autres Ministères

Les autres ministères qui devaient s’impliquer dans le PMT II sont ceux du Tourisme et de l’Artisanat, du Transport, du Travail et de la Sécurité Sociale, des Postes et Télécommunications, de l’Intérieur et des Collectivités Locales, de l’Enseignement Supérieur, ainsi que le Ministère à la Formation Professionnelle.

Leur programme devait comprendre les actions suivantes :

  • L’édition et la diffusion d’un livret d’information " passeport, voyager sans risque " par le ministère du Tourisme
  • La formation de personnes relais (personnels navigants, personnels aériens) par le ministère des Transports
  • Le développement de l’insertion professionnelle des personnes infectées et le soutien à leurs familles par le ministère du Travail et de la Sécurité Sociale
  • Le développement du réseau téléphonique pour le programme national, pour le secrétariat du Comité National et pour les centres d’information, par le ministère des P&T
  • Obstacles

Une partie de ces actions n’a pas été réalisée bien qu’elles paraissent comme indispensables car ciblant des groupes prioritaires.

  • Parmi les actions spécifiques sus-citées, les P et T ont attribué un numéro vert au ministère de la jeunesse et des sports et une ligne téléphonique spéciale à l’hôpital El Kettar (Alger). Mais celles-ci fonctionnent de façon irrégulière, et ont un coût très élevé pour ces départements. Le montant de la facture pourrait être pris en charge par le ministère des P et T dans le cadre de son budget de lutte contre le SIDA. Par ailleurs, les relevés de comptes CCP pourraient servir de support à des messages d’IEC.
  • Les actions d’IEC réalisées l’ont été, la plupart du temps, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale du 1er décembre.
  • Les enquêtes comportementales et l’intégration du thème des IST/SIDA dans les programmes de formation ne semblent pas avoir été réalisées dans la majorité de ces secteurs.
  • Seule la presse écrite a consacré une information réellement abondante sur ce thème.

Conclusion

Au regard de l’analyse de la situation et de la réponse qui lui a été donnée, on peut dire qu’un nombre d’actions importantes et diversifiées ont été entreprises par le MSP et le CNLS. Celles-ci ont très certainement permis d’endiguer l’épidémie qui demeure encore faible.

La libéralisation progressive et rapide des mœurs appelle pourtant à un regain de prudence à travers de nouvelles actions d’IEC. Celles-ci devront être caractérisées par une plus grande maîtrise professionnelle et leur prise en charge par une structure administrative (CNLS/MSP) disposant de moyens logistiques et de prérogatives suffisantes pouvant rendre leur action plus efficiente.

Ces aspects devront être pris en charge par le prochain PNLS