Partie 5 : orientations stratégiques pour le quinquennat 2002-2006

  1. Orientations stratégiques 2002-2006

Introduction

L’analyse de la situation, de la réponse et des déterminants en matière de VIH/SIDA a permis d’élaborer une matrice portant sur les forces, les faiblesses et les besoins passés ou en cours (Tableau N° 12 : Synthèses des analyses de situation et de réponse nationale à la lutte contre les IST/VIH/SIDA . Dans une deuxième étape, les principaux problèmes ont été identifiés ainsi que les secteurs et les groupes concernés (Tableau N° 13 : Principaux problèmes identifiés et secteurs et groupes concernés). Les stratégies par domaines d’actions prioritaires ont été déterminées dans une troisième étape. Enfin, pour chaque stratégie, des objectifs spécifiques ont été mis au point, dans une quatrième étape.

  1. Les priorités

Les orientations stratégiques (2002-2206) identifiées lors de la phase diagnostique, proposent des améliorations dans les domaines de la coordination, de la surveillance épidémiologique, de l’information, des PVVIH et enfin du suivi et de la prise en charge des personnes et des groupes vulnérables.

Les grandes priorités dégagées lors de la phase d’analyse sont :

  1. Revue du mécanisme de coordination, national et dans les wilayas, et implication de tous les secteurs dans la lutte

L’absence de suivi-évaluation du programme de lutte contre les IST/VIH/SIDA a essentiellement souffert de l’absence d’un mécanisme de coordination à l’échelle nationale et locale. L’absence de plans sectoriels structurés et évalués au niveau public, para-public et de la société civile constitue aussi une des défaillances de ce programme. Le renforcement de ce mécanisme au plan institutionnel, législatif, organisationnel et technique constitue une des priorités sur laquelle doit s’appuyer le nouveau plan stratégique de lutte contre les IST/VIH/SIDA.

  1. Meilleure connaissance de la situation épidémiologique et revue du système de collecte, acheminement, centralisation et diffusion d’une information juste et crédible.

Des insuffisances existent au plan de la gestion de l’information épidémiologique concernant les IST et le VIH/SIDA, notamment au plan de la collecte des données, du circuit de l’information et de la rétro-information. Les données de morbidité, de mortalité et de séroprévalence de qualité sont indispensables pour la prise de décision en matière de prévention et de prise en charge. Elles permettent d’identifier les groupes vulnérables et les zones à risque de forte progression de l’épidémie. Les données comportementales sont indispensables pour une meilleure connaissance des personnes à risque d’infection. Ces informations sont de même indispensables aux décideurs, aux différents secteurs, et au mouvement associatif afin de planifier les différentes activités et de réorienter les stratégies éventuellement.

  1. Réduction de l’impact sur les personnes vivant avec le VIH/SIDA et de l’impact socio-économique

La prise en charge consiste à fournir des soins de santé aussi complets que possible aux PVVIH/SIDA ainsi qu’un soutien social aux personnes infectées et affectées, à leurs familles et à la société. Cela suppose la mise en place d’un diagnostic précoce, un traitement adapté et un suivi des infections liées au VIH, des structures fonctionnelles de prise en charge, des soins infirmiers, l’éducation à la prévention du VIH/SIDA, un accompagnement psychosocial à tous les stades de l’infection et la protection contre les attitudes discriminatoires. Cela suppose aussi une approche interdisciplinaire de la prise en charge, la standardisation de la prise en charge des infections opportunistes et des personnes infectées présentant un déficit immunitaire et une protection des droits et de la sécurité des PVVIH,

  1. Réduction de la transmission des IST et du VIH et de la vulnérabilité par l’introduction d’approches novatrices et culturellement adaptées dans la communication et la prévention

En l’absence d’un vaccin et d’un traitement curatif, la seule alternative, dans le cadre de la réduction de la transmission du VIH demeure, sans conteste la prévention. La société civile et le mouvement associatif, avec leurs relais, doivent jouer un rôle prépondérant en matière d’IEC, de promotion et d’accessibilité du préservatif. Les IST, par leur fréquence élevée et le rôle de co-facteur qu’elles jouent dans le déterminisme de la maladie, doivent faire l’objet d’un meilleur contrôle aux plans diagnostic et thérapeutique. Une politique de développement du dépistage volontaire anonyme et gratuit, basée sur un réseau s’appuyant sur des laboratoires et des CDAG est indispensable pour une meilleure connaissance de l’incidence des nouvelles infections, au plan épidémiologique et pour un dépistage précoce de l’infection. Connaissant l’état de l’hygiène hospitalière dans notre pays, il est indispensable de renforcer la prévention de la transmission du VIH en milieu de soins. Par ailleurs, les groupes vulnérables doivent faire l’objet de programmes d’IEC socio culturellement adaptés sans oublier l’approche genre.

 

Tableau N°12: 

Synthèses des analyses de situation et de réponse nationale à la lutte contre les IST/VIH/SIDA

 

Tableau N°13 : Principaux problèmes identifiés et secteurs et groupes concernés

Principaux problèmes identifiés

Secteurs concernés + groupe de population concernée

1. La réponse apportée n’est pas adaptée à la situation réelle des IST/VIH/SIDA

CNLS

PNLS

Population générale

2. La dimension multisectorielle de la lutte contre l’épidémie souffre de certaines lacunes

CNLS

PNLS

autres secteurs

ONG

3. Le financement de la lutte contre les IST/VIH/SIDA est insuffisant

Gouvernements

Partenaires internationaux

Secteur privé

4. Les secteurs autres que la santé ne sont pas suffisamment engagés et impliqués dans la lutte coordonnée contre les IST/VIH/SIDA

MSP

Programmes de santé à tous les niveaux

Tous secteurs confondus

5.Les directions centrales du MSP autres que la prévention sont faiblement impliquées dans la prise en charge et la lutte contre les IST/VIH/SIDA

MSP

Toutes directions confondues

6. La réponse de la société civile est insuffisante

Population générale

Population à comportements à risque

Jeunes

ONG

7. la tranche d’âge la plus touchée est représentée par les 20-49 ans et la plus vulnérable est celle des jeunes de 15 à 30 ans

Jeunes scolarisés et non scolarisés

8. Les femmes sont de plus en plus touchées par l’épidémie

Jeunes filles

Femmes en âge de procréer

Travailleuses du sexe

9. La migration interne et internationale constitue un facteur important de la vulnérabilité de la population notamment dans certaines régions du pays

Routiers

Migrants

Corps constitués

10. les IST ne sont pas correctement prises en charge aux plans diagnostic et thérapeutique et préventif

PNLS

Commission IST

Porteurs d’IST et partenaires

11. Le dépistage anonyme et gratuit est très insuffisant aux plans qualitatif et quantitatif

CDR

CHU

Secteurs Sanitaires

12. La prise en charge thérapeutique et psychosociale des PVVIH est insuffisante

PVVIH

Familles des PVVIH

13. Les changements de comportements ne sont pas évalués et ne donnent aucune idée sur les actions d’IEC

Groupes vulnérables

Groupes ayant des comportements à risque

14. Le préservatif est faiblement utilisé et distribué

Groupes ayant des comportements sexuels à risque

15. Les PVVIH sont faiblement impliquées dans la lutte contre les IST/VIH/SIDA

PVVIH

ONG

    1. Les principes directeurs

Dix Principes Directeurs doivent guider l’action de l’Etat et l’ensemble des acteurs de la réponse :

  1. Une participation multisectorielle est indispensable à une action de réponse nationale contre l’infection du VIH.
  2. La lutte contre le VIH/SIDA doit être décentralisée afin qu’elle tienne compte des spécificités locales et qu’elle implique les structures régionales et locales ainsi que les populations des zones rurales.
  3. Les droits et la dignité des personnes touchées par le VIH/SIDA doivent être protégés. Leur implication dans la lutte contre le VIH/SIDA doit être assurée.
  4. La population doit être bien informée et dotée des moyens d’enrayer par elle-même l’extension du VIH et la réduction de ses conséquences.
  5. Le conseil dépistage prescrit doit se faire gratuitement dans les formations sanitaires du pays, dans le strict respect de l’éthique et du code de déontologie médicale.
  6. Les soins/conseils et le soutien aux personnes infectées ou affectées par le VIH doivent être intégrés dans les services de santé et les services sociaux existants.
  7. Les médicaments contre les infections opportunistes et les IST, les antirétroviraux ainsi que les examens de laboratoire y afférents, doivent être disponibles, accessibles et utilisés à bon escient.
  8. Les programmes de prévention du VIH/SIDA seront mis en œuvre selon des approches novatrices et viser en priorité les groupes les plus vulnérables et les comportements à risque.
  9. Les informations et les messages sur le VIH/SIDA prendront en compte les données de surveillance épidémiologiques et les résultats d’études comportementales. Elles doivent tenir compte du contexte socioculturel.
  10. La participation communautaire à la lutte contre le VIH/SIDA doit être encouragée et soutenue.

 

  1. Les Préalables

Au regard des priorités et des principes directeurs définis précédemment il s’avère nécessaire de mettre en place le cadre réglementaire nécessaire à leur réalisation.

    • Le cadre institutionnel et réglementaire devra être précisé avec une structure exécutive plus efficiente dotée de tous les moyens humains et logistiques.
    • Un organigramme national et régional est proposé pour améliorer la coordination déjà en place et permettre une meilleure adéquation aux ambitions de l’Algérie exprimées par le Président de la République au sommet d’Abuja sur le VIH/SIDA, la tuberculose et les autres maladies transmissibles prévalentes qui s’est déroulé du 24 au 27 avril 2001.
    • Enfin le contexte national et international et les atouts de l’Algérie au niveau régional permettent actuellement d’entreprendre un partenariat sous régional pour accroître l’efficacité de la lutte.

 

  1. Les objectifs du plan stratégiques 2002-2006

Introduction

La matrice nationale (annexe N° 10) est une synthèse du nouveau programme national de lutte contre les IST/VIH/SIDA proposé pour 2002-2006. Il est cependant important d’expliquer quelle a été la procédure suivi pour aboutir à la matrice nationale synthétisant pour chaque objectif stratégique (cinq au total) les stratégies préconisées. Pour chacune d’entre elles, des actions prioritaires ont été proposées avec les acteurs, les bénéficiaires et les indicateurs des stratégies.

 

Méthode

La rédaction du plan stratégique est basée sur l’analyse des différentes matrices qui se traduisent dans la matrice nationale. Elle a été également inspirée par les conclusions des analyses de la situation et de la réponse, ainsi que par les des deux exercices réalisés (l’un avec les secteurs ministériels et l’autre avec les ONG).

La première matrice importante (tableau N°12 : synthèse des analyses de situation et de réponse) a permis de dégager les besoins.

Sur la base de ces besoins, cinq objectifs généraux ont été identifiés puis découpés par domaine d’action à savoir :

  • les objectifs généraux ayant trait au domaine politique et institutionnel
  • les objectifs généraux ayant trait aux aspects programmatiques

Pour chaque groupe de besoins – correspondant à un objectif général - des actions prioritaires ont été identifiées. Ces actions prioritaires ont permis de proposer des stratégies. Ainsi, ces stratégies permettront la réalisation des objectifs généraux. Matrice des objectifs par domaine d’actions : (Tableau N° 14 : orientations stratégiques au niveau politique et institutionnel, Tableau N° 15 : orientations stratégiques au niveau programmatique)

A partir des stratégies développées pour chaque objectif général des objectifs spécifiques quantifiés et échelonnés sur cinq ans ont été fixés. Ces objectifs spécifiques constitueront la base d’élaboration des plans sectoriels (Tableau N° 16 : objectifs spécifiques par orientation stratégique à suivre)


 

  1. Les stratégies du plan stratégique 2002-2006