Partie 5 : orientations stratégiques pour le quinquennat 2002-2006
Contexte
Préambule : Citations du Président de la République de l’Algérie à Abuja
Pour l'Etat algérien, la question du VIH/SIDA constitue pour l'Afrique un enjeu majeur. Notre pays s'engage pleinement tant au niveau interne qu'à l'échelle du continent. Témoins, ces extraits du discours prononcé par le Chef de l’Etat à Abuja, lors du Sommet de l'OUA sur le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme en avril 2001:
"...l’Afrique est confrontée à la propagation de maladies de toute nature et plus particulièrement, du Sida, de la Tuberculose et du Paludisme.
Depuis la fin des années 80, l'épidémie de VIH/SIDA est venue alourdir encore le fardeau. L'Afrique qui compte 13 % de la population mondiale est, en effet, le continent le plus touché avec 70 % du total mondial des cas de VIH/SIDA.
Face à l'épidémie du SIDA, l'Afrique se trouve encore plus démunie.
Les médicaments essentiels pour traiter les infections opportunistes associées au SIDA manquent, tandis que les médicaments antirétroviraux qui augmentent l'espérance de vie des malades ne sont accessibles, ni financièrement, ni socialement aux populations affectées.
… les actions concrètes sont nettement en deçà de l'exigence d'un effort global de vaste portée pour permettre à l’Afrique de rénover et développer ses systèmes de santé en vue de réduire la tuberculose, de faire reculer le paludisme et d'endiguer la propagation du VIH.
L’opinion publique africaine et mondiale s’interroge légitimement sur cet étrange paradoxe qui fait que, malgré l’existence de remèdes, l’Afrique continue de payer un lourd tribut aux pandémies. [Cela justifie pleinement] l’intégration des produits antirétroviraux les plus efficaces dans la liste des médicaments essentiels, et leur production en Afrique. Je me dois, à ce sujet, de relever avec satisfaction la prise de conscience au sein de l'industrie pharmaceutique.
…Cette politique doit s'appuyer, de toute urgence, sur le renforcement et le développement des services de santé de proximité…
La création d'un fonds spécial alimenté par des contributions des gouvernements, de la société civile et des plus grandes entreprises dans le monde avec un objectif d'au moins un milliard de dollars à consacrer en particulier à la lutte contre l'épidémie du SIDA, devrait être encouragée.
L'amélioration de l'accès de l’Afrique aux marchés des produits d'exportation,
Au niveau national, il s'agit d'impliquer, à la fois, les pouvoirs publics, le secteur privé, la société civile ainsi que les victimes directes ou indirectes du SIDA et autres maladies, en vue de mobiliser et d’intégrer les apports de chacun d'eux à l'élaboration et l'exécution d'une stratégie globale pour enrayer ces fléaux
L'Algérie est disposée à participer pleinement à cet effort.
Au niveau international, il conviendra de donner corps et d'opérationnaliser le remarquable travail préparatoire réalisé sous l'égide de l'ONUSIDA en vue de la constitution d'une coalition mondiale pour la mise en œuvre d'un véritable partenariat international contre le SIDA.
L'Algérie s'est engagée depuis 1988 dans l'entreprise de lutte contre le SIDA. Elle a, dès 1989, et en dépit d'un taux relativement faible de prévalence du VIH, lancé des campagnes d'éducation, d'information et de communication, créé un Comité national de lutte contre le SIDA et mis en place un laboratoire national de référence et une agence nationale de contrôle du sang. Les malades bénéficient de la gratuité des soins…"
Abdel Aziz Bouteflika
- Contexte
Au cours des toutes premières années de la pandémie, le VIH/SIDA a été considéré comme un problème exclusivement médical. Par la suite et à mesure de la prise de conscience de l'étendue du drame humain dont il était responsable le VIH/SIDA est apparu comme ce qu'il est, une crise de développement vécue à l'échelle de la planète, et qui menace de remettre en cause tous les progrès accomplis en une génération.
Les chiffres donnés à l'état brut sont suffisamment éloquents. Avec un nombre de personnes vivant avec le VIH évalué aujourd'hui à 40 millions dont les 2/3 en Afrique au sud du Sahara, et plus de 5 millions de nouveaux cas d'infection pendant la seule année 2001, le VIH/SIDA est un immense drame social et humain.
L'Afrique du Nord est restée une zone peu touchée par l'épidémie, avec une progression apparemment plus réduite et plus lente. En Afrique du Nord et au Moyen Orient, les taux d'infection à VIH sont moins bien connus que dans les autres parties du monde; les attitudes généralement conservatrices de ces pays tant au niveau social que politique, empêchent souvent les pouvoirs publics de s'attaquer de façon directe à la question des comportements à risque. Dans ces pays l'estimation du nombre de personnes vivant avec le VIH serait de 440 000 soit moins de 1% du total mondial. Cependant, la régression de certains indicateurs socio sanitaires et économiques mérite une attention particulière des responsables concernés, compte tenu de leur possible impact sur l'évolution du VIH/SIDA.
Le VIH continue à se propager à travers le monde. L’augmentation de son impact rend plus nécessaire que jamais les efforts déployés pour arrêter la pandémie.
Lors de la 21ème session extraordinaire des Nations Unies de juillet 1999, les Etats membres ont adopté le premier objectif mondial spécifique de la lutte contre le VIH. Ils se sont engagés à réduire de manière substantielle les taux d’infection à VIH parmi les jeunes dans le monde d’ici 2010.
La session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA de juin 2001 (UNGASS) a renforcé l’engagement mondial dans le cadre de cette lutte en formulant une déclaration d ‘engagement de tous les Gouvernements.
La communauté internationale suite à ces différentes conférences a pris conscience de la gravité de la situation mondiale vis à vis de cette pandémie et a donc proposé le Cadre Stratégique Mondial d’action sur le VIH/SIDA.
Ce cadre fournit une approche stratégique commune pour atteindre les objectifs définis au niveau international. Au niveau national ce cadre doit être adapté au contexte national et local.
Principes généraux du cadre stratégique
Le principal objectif d’un cadre stratégique est de renforcer les stratégies de réduction du risque de la vulnérabilité et de l’impact.
Bien que la complexité du problème du VIH/SIDA ait dépassé de loin toutes les prévisions, une prise de conscience de la corrélation entre les dynamiques de base s’est opérée
- Diminuer le risque d’infection ralentit l’épidémie
- Diminuer la vulnérabilité réduit le risque d’infection et l’impact de l’épidémie
- Diminuer l’impact de l’épidémie réduit la vulnérabilité au VIH/SIDA.
mutuellement- permettent au programme et aux plans sectoriels de s’attaquer à la fois à ce qui met les personnes dans une situation à risque, mais également aux raisons pour lesquelles elles sont devenues vulnérables et se sont trouvées dans cette situation.
Méthode
Suite à l’analyse de la situation et de la réponse nationale, il était important que le cadre stratégique quinquennal soit formulé en tenant compte des recommandations de l’Atelier National de Consensus, qui a regroupé tous les secteurs et acteurs de la lutte contre les IST/VIH/SIDA, travaillant depuis 1988 sur ce programme.
De ce fait, le groupe d’experts nationaux et l’expert international ont établi sur la base des conclusions des analyses de situation et de réponse, 5 objectifs généraux (orientations stratégiques) pour lesquels des propositions de stratégies ont été formulées. Pour chacune des stratégies, ont été élaborées les actions prioritaires. Les acteurs et bénéficiaires et enfin les indicateurs de suivi et d’évaluation et les indicateurs d’impact ont été déterminés.